Le petit chaperon rouge
Crée par Yves DENIAUD – 1942.

Il était une fois, dans un bled perdu de la cambrouse, une petite mistonne de huit à neuf berges, qui était des plus choucardes.
C’était ce qu’on peut rêver de plus gratiné dans le genre chérubin.
Elle avait de beaux châsses, doux en velours de ciel, cloqués dans son minois peau de pèche, une petite gargue comme une cerise, des chocottes en grain d riz et le tout encadré de bouclettes en soie blé d’or. De la voir si chouette, sa vioque en était cinglée d’admiration et sa grande-vioque encore plus chouilla.


Pour le jour de ses huit berges, sa daronne y avait attriqué un bada rouquinos tout ce qui a de chouette, qu’elle avait déguauchi chez Olpiche, le chapelier du village, et ce bada allait si bien à la bouille de la mignonne que tout le monde l’appelait «Le Petit Chaperon Rouge » et que ce blaze lui est resté.


Un jour, sa daronne, qui avait cuit des galettes, lui bonnit en douce :
̶  Ta grande-vioque s’est fait porter pâle, bicause son court-circuit dans le gésier qui la reprend. Elle a besoin de se rebecqueter. Vas-y  filer c’te galette et c’te p’tite chopote de beurre et magne toi. 
V’la la môme qu’harpigne ses flûtes  à son cou et elle arquait, elle arquait fissa, quand, en traversant le bois, elle se cloque pif à pif dans compère le loup.


Faut bien bonnir ce qui est, le loup, c’était pas un mec à fréquenter ; il avait renoncé à être sympa et ça se sentait tout de suite, rien qu’à gaffer ses châsses .à reculons et son sourire de raie en couches. Depuis quelque temps, il ne tortorait plus chouilla ! Pa la moindre côte de  ligoduji  se jeter derrière le collier ; aussi, dès qu’il repéra la gisquette, il lui prit envie de croquet ce petit poulet de grain qui lui coutait pas un rond, mais il se dégonfla à cause que le bois était plein de bougnats qui faisaient rifauder de l’aubépine pour en faire du carbi.
̶  Eh bien, Colombine, qu’il fit à la môme, ousque tu te déhottes comac ?
̶  J’vais balotter c’te galette et c’te p’tite chopote de beurre à  ma grande-vioque quagonise  en loucedé et qui crèche à côté, là-bas, derjo, à cent mètres fifti du champ de fraises, lui bonnit la poupée, qui savait pas qu’une poupée doit jamais jacter à un miroton qu’on conoble pas, surtout quand c’est un loup.
̶  Ligodu, qui dit le Loup, j’vais aussi y filer la bise, à ta grande-vioque, tire-toi par ladé, moi j’me barre par laga, on verra qui s’amènera le preu à la taule.
Pendant que le Petit Chaperon Rouge, avec ses fumerons, arquait en louzedé, en s’arrêtant un chouilla pour cueillir des fleurettes ou pour tremper un doigt dans la chopote de beurre, li, y s’tapait du rase-mottes et en moins de deux, y filait déjà des grands louqués de pavogne dans la lourde de la grande-vioque.
̶  Toc, toc, toc!...
̶  Qui qu’est laga ?


̶  C’est votre p’tite moujingue, le Chaperon Rouquinos, fit le Loup, avec un filet de voix dans le gosier, façon baby, et je viens vous r’filer de c’te bonne friandise que la daronne a maquillé pour vos zigues, pour adoucir votre sinoquet d’aïeule.
Le Loup débride la lourde, renquille  dans la taule et tortore la vioque en moins de deux, comac nature, sans vinaigrette. C’était pas très chouette, mais il y avait bien trois jourdées qu’il n’avait pas polker ses gencives. Après, il boucle la lourde et va se mettre la viande dans le torchon, en se loquant du bonnet et de la camisole de la vioque. 
Deux broques après, le Petit Chaperon Rouge tapotait à la lourde :
̶  Toc, toc, toc !...
̶  Qui est laga ?
La môme eut d’abord les flubards en esgourdant la grosse voix du Loup, mais se gourant que la grande-vioque avait les amygdales locquedues, bicause son rhume, elle bonnit :
̶  C’est votre p’tite moujingue, le Chaperon Rouquinos, et je viens vous refiler de c’te bonne friandise que la daronne a maquillé pour vos zigues, pour rebecqueter votre p’tite tête d’aïeule.
̶   Tire la chavevillavette et la bobinette dubo cherrer tant qu’ ça peu.
La môme renquille.
̶  Tombe tes fringues, mignonne, fait la grande-vioque en peau de loup, et viens te pajoter avec mézigues.
La môme se déloque en moins de deux, va se filer les berlues et en bisottant sa grande-vioque, lui balance :
̶  Grande-vioque, comme vous avez de grands brandillons !...
̶  C’est pour mieux te bisotter !...
̶  Grande-vioque, comme vous avez de grands fumerons !...
̶  C’est pour mieux arquer !...
̶ Ma grande-vioque, comme vous avez de grandes feuilles !...
̶  C’est pour mieux esgourder !...
̶  Grande-vioque, comme vous avez de grandes mirettes !...
̶  C’est pour mieux bigler !...
̶  Grande-vioque, comme vous avez de grandes chocottes !...
̶  C’est pour mieux te becqueter !...
Et joignant la mâchoire à la bagoulette, le Loup agrafa la môme et cassa la croûte avec.

Moralité

Légers darons, imprudentes daronnes,
De grâce, faites un peu gaffe à vos mistonnes ;
Surtout quand elles sont mignonnes,
Bravunavettes ou blavondeschaperon
Car il y a toujours un Loup dans le loinqué,
Qu’est là tout prêt à vous les embarquer.
Le Loup, c’est l’enn’mi de la famille,
C’est un hareng, un tordu, un hibou,
Donc, quand on jacte que ‘esprit viens aux filles,
C’est que les filles, elles, viennent de gâffer l’loup.

 


Extrait: Le vieux qui lisait des romans d’amour

de Luis SEPULVEDA


  « Le ciel était une panse d’âne gonflée qui pendait très bas, menaçante, au-dessus des têtes. Le vent tiède et poisseux balayait les feuilles éparses et secouait violemment les bananiers rachitiques qui ornaient la façade de la mairie.

  Les quelques habitants d’El Idilio, auxquels s’étaient joints une poignée d’aventuriers venus des environs, attendaient sur le quai leur tour de s’asseoir dans le fauteuil mobile du dentiste, le docteur Rubincondo Loachamin, qui pratiquait une étrange anesthésie verbale pour atténuer les douleurs de ses clients.

  • Ça te fait mal ? questionnait-il.

Agrippés aux bras du fauteuil, les patients, en guise de réponse, ouvraient des yeux immenses et transpiraient à grosses gouttes.

Certains tentaient de retirer de leur bouche les mains insolentes du dentiste afin de pouvoir lui répondre par une grossièreté bien sentie, mais ils se heurtaient à ses muscles puissants et à sa voix autoritaire.

  • Tiens-toi tranquille, bordel ! Bas les pattes ! Je sais bien que ça te fais mal. Mais à qui la faute, hein ? A moi ? Non : au gouvernement ! Enfonce-toi bien ça dans le crâne. C’est la faute au gouvernement si tu as les dents pourries et si tu as mal. La faute au gouvernement.

Les malheureux n’avaient plus qu’à se résigner en fermant les yeux ou en dodelinant de la tête.

Le docteur Loachamin haïssait le gouvernement.

N’importe quel gouvernement. Tous les gouvernements. Fils illégitime d’un émigrant ibérique, il tenait de lui une répulsion profonde pour tout ce qui s’apparentait à l’autorité, mais les raisons exactes de sa haine s’étaient perdues au hasard de ses frasques de jeunesse, et ses diatribes anarchisantes n’étaient plus qu’une sorte de verrue morale qui le rendait sympathique.

Il vociférait contre les gouvernements successifs de la même manière que contre les gringos qui venaient parfois des installations pétrolières du Coca, étrangers impudiques qui photographiaient sans autorisation les bouches ouvertes de ses patients.

A quelques pas de là, l’équipage du Sucre chargeait des régimes de bananes vertes et des sacs de café.

Sur un bout du quai s’amoncelaient les caisses de bière, d’aguardiente « Frontera », de sel, et les bonbonnes de gaz débarquées au lever du jour.

Le Sucre devait appareiller dès que le dentiste aurait terminé de réparer les mâchoires, pour remonter les eaux du Nangaritza, déboucher dans le Zamora et, après quatre jours de lente navigation, rejoindre le port fluvial d’El Dorado.

Le bateau, une vieille caisse flottante mue par la volonté de son chef mécanicien, les efforts des deux costauds qui composaient l’équipage et l’obstination phtisique d’un antique diesel, ne devait pas revenir avant la fin de la saison des pluies dont le ciel en deuil annonçait l’imminence.

Le docteur Rubincondo Loachamin venait deux fois par an à El Idilio, tout comme l’employé des Postes, lequel n’apportait que fort rarement une lettre pour un habitant et transportait essentiellement dans sa sacoche délabrée des papiers officiels destinés au maire ou les portraits sévères, décolorés par l’humidité, des gouvernants du moment.

Du passage du bateau, les gens n’attendaient rien d’autre que le renouvellement de leurs provisions de sel, de gaz, de bière et d’aguardiente ; mais la venue du dentiste était accueillie avec soulagement, surtout par les rescapés de la malaria, fatigués de cracher les débris de leur dentition et désireux d’avoir la bouche nette de chicots afin de pouvoir essayer l’un des dentiers étalés sur un petit tapis violet qui évoquait indiscutablement la pourpre cardinalice.

Toujours vitupérant contre le gouvernement, le dentiste débarrassait leurs gencives de leurs ultimes vestiges dentaires, après quoi il leur ordonnait de se rincer la bouche avec de l’aguardiente.

  • Maintenant, voyons. Comment tu le trouves, celui-là ?
  • Il me serre. Je peux pas fermer la bouche.
  • Allons donc ! Tu parles d’une bande de délicats !

Bon, on en essaye un autre.

  • Il flotte. Si j’éternue, il va tomber.
  • T’as qu’à pas t’enrhumer, couillon. Ouvre la bouche.

Et ils lui obéissaient.

Ils essayaient plusieurs dentiers, finissaient par trouver le bon et discutaient le prix, tandis que le dentiste désinfectait les autres en les plongeant dans une marmite d’eau chlorurée bouillie.

Pour les habitants des rives du Zamora, du Yacuambi et du Nangaritza, le fauteuil mobile du docteur Rubincondo Loachamin était une institution.

En fait il s’agissait d’un vieux siège de coiffeur avec le socle et les bras émaillés de blanc. Il fallait toute la force du patron et des matelos du Sucre réunis pour le hisser à quai et l’installer sur une estrade d’un mètre carré que le dentiste appelait la « consultation ».

  • Sur la consultation, c’est moi qui commande, nom de Dieu ! Ici, on m’obéit. Une fois en bas, vous pouvez m’appeler arracheur de dents, fouille-gueules, tripoteur de langues ou tout ce qui vous passe par la tête. Et vous pouvez même m’offrir un verre.

Ceux qui attendaient leur tour faisaient des têtes d’enterrement, et ceux qui passaient par les pinces d’extraction n’étaient pas plus brillants.

Les seuls personnages à garder le sourire, autour de la consultation, c’étaient les Jivaros qui observaient, accroupis.

Les Jivaros. Des indigènes rejetés par leur propre peuple des Shuars, qui les considérait comme des êtres avilis et dégénérés par les habitudes des « Apaches », autrement dit les Blancs.

Les Jivaros, habillés avec les guenilles des Blancs, acceptaient sans protester ce nom dont les avaient affublés les conquérants espagnols.

La différence était immense entre un Shuar hautain et orgueilleux, qui connaissait les régions secrètes de l’Amazonie, et un Jivaro tel que ceux qui se réunissaient sur le quai d’El Idilio dans l’espoir d’un peu d’alcool.

Les Jivaros souriaient en montrant leurs dents pointues, aiguisées avec des galets du fleuve.

  • Et vous autres ? Qu’est-ce que vous regardez ? Un jour ou l’autre, vous allez y passer, macaques, les menaçait le dentiste.
  • Ravis qu’on leur adresse la parole, les Jivaros répondaient :
  • Jivaros avoir bonnes dents. Jivaros beaucoup manger viande de singe.
  • Parfois un patient poussait un hurlement qui affolait les oiseaux, et il écartait la pince d’un coup de poing en portant sa main libre au manche de sa machette.
  • Tiens-toi comme un homme, connard. Je sais que ça te fait mal, et je t’ai déjà dit à qui c’est la faute.
  • Alors ne fais pas le méchant. Assieds-toi là et montre-nous que tu as des couilles au cul.
  • Mais vous m’arrachez l’âme, docteur. Laissez-moi boire un coup.

Le dentiste finit d’opérer son dernier client et poussa un soupir. Il emmaillota dans leur tapis cardinalice les dentiers qui n’avaient pas trouvé preneur et, tout en désinfectant ses instruments, il regarda passer la pirogue d’un Shuar.

L’indigène pagayait debout, à l’arrière de la mince embarcation. Arrivé près du Sucre, il donna deux petits coups de pagaie qui la collèrent au bateau.

La figure renfrognée du patron apparut par-dessus le bastingage. Le Shuar lui expliquait quelque chose en gesticulant de tout son corps et en crachant sans arrêt.

Le dentiste sécha ses instruments et les rangea dans une trousse en cuir. Puis il prit le récipient contenant les dents arrachées et le vida dans le courant.

Le patron et le Shuar passèrent à côté de lui pour se diriger vers la mairie.

Il va falloir attendre, docteur. Ils nous amènent un gringo mort.

La nouvelle ne lui fit pas plaisir. Le Sucre était un engin inconfortable, particulièrement pendant le voyage de retour, quand il était chargé de bananes vertes et de sacs de café brut, tardif et à moitié pourri.

Si les pluies prenaient le bateau de vitesse, chose qui semblait probable car il avait une semaine de retard du fait de diverses avaries, alors cargaison, passagers et équipage devraient se partager l’abri d’une bâche, sans espace suffisant pour tendre les hamacs ; autant dire que la présence d’un mort rendrait le voyage doublement pénible.

Le dentiste aida à remonter le fauteuil mobile à bord, puis gagna le bout du quai. Il y était attendu par Antonio José Bolivar Proano, un vieil homme au corps toujours nerveux, qui ne semblait pas accorder d’importance au fait de porter un nom aussi illustre.

  • Toujours pas mort, Antonio José Bolivar ?

Le vieux fit mine de se flairer les aisselles avant de répondre.

  • On dirait bien que non. Je ne pue pas encore. Et vous ?
  • Comment vont tes dents ?
  • Je les ai sur moi, répondit le vieux en mettant une main dans sa poche. Il déploya un mouchoir déteint et lui montra sa prothèse.
  • Et pourquoi tu t’en sers pas, vieille bourrique ?
  • Je les mets tout de suite. Je ne mangeais pas, je ne parlais pas, alors à quoi bon les user ?

Le vieux ajusta son dentier, fit claquer sa langue, cracha généreusement et lui tendit sa bouteille de Frontera.

  • Merci. Je crois que je l’ai bien gagné.
  • Sûr. Vous avez arraché vingt-sept dents entières et un tas de chicots. Mais vous n’avez pas battu votre record.
  • Tu tiens toujours le compte ?
  • C’est à ça que ça sert, l’amitié. A chanter les mérites des amis. Mais quand même, c’était mieux avant, vous ne trouvez pas? Quand on voyait encore arriver des colons jeunes. Vous vous souvenez de l’homme de Manta, celui qui s’est fait arracher toutes les dents pour gagner un pari ?

Le docteur Rubincondo Loachamin inclina la tête pour mettre de l’ordre dans ses souvenirs et retrouva l’image d’un homme plus très jeune, vêtu à la mode mantuvienne. Tout en blanc, pieds nus mais portant des éperons d’argent.

L’homme de Manta était arrivé à la consultation accompagné d’une vingtaine d’individus, tous passablement ivres. C’étaient des chercheurs d’or sans base fixe. On les appelait les pèlerins et ils n’étaient pas regardants sur la manière de trouver leur or, dans les rivières ou dans les poches d’autrui. L’homme s’était laissé tomber dans le fauteuil et l’avait regardé d’un air stupide.

  • Qu’est-ce que tu veux ?
  • Vous me les arrachez toutes. Une par une. Et vous les mettez là, sur la table.
  • Ouvre la bouche.

L’homme avait obéi et le dentiste avait constaté que plusieurs de ses molaires étaient pourries mais qu’à côté, il lui restait beaucoup de dents, certaines cariées et d’autres saines.

  • Il t’en reste encore un bon lot. Tu as de quoi payer toutes ces extractions ?

L’homme avait abandonné son expression stupide.

  • Ben voilà, docteur : les amis ici présents me croient pas quand je leur dis que je suis courageux. Alors je leur ai dit que j’allais me faire arracher toutes les dents, une par une, sans me plaindre. Alors on a parié. Alors tous les deux, vous et moi, on partage moitié moitié.
  • A la deuxième tu chieras dans ton froc et tu appelleras ta mère, avait crié quelqu’un dans le groupe, et tous les autres avaient ri bruyamment.
  • Tu ferais mieux de continuer à boire et de réfléchir.

Je ne joue pas à ces conneries, avait dit le dentiste.

  • Alors voilà, docteur : si vous me laissez pas gagner mon pari, je vous coupe la tête avec cette camarade-là.

Les yeux de l’homme brillaient tandis qu’il caressait la poignée de sa machette.

Il avait bien fallu tenir le pari.

L’homme avait ouvert la bouche et le dentiste avait refait son décompte. Il avait annoncé un total de quinze dents et le parieur avait disposé une chaîne de quinze pépites d’or sur le tapis cardinalice des prothèses. Une pour chaque dent. Les joueurs avaient couvert leurs paris, pour ou contre, avec d’autres pépites. Le nombre de celles-ci augmentait considérablement à partir de la cinquième dent.

L’homme s’était laissé arracher les sept premières dents sans bouger un muscle. On aurait pu entendre voler une mouche. A la huitième, une hémorragie lui avait rempli la bouche de sang. Il ne pouvait plus parler mais il avait fait un signe pour demander une pause.

Il avait craché plusieurs fois, et le sang avait formé des caillots sur l’estrade. Il avait avalé une large rasade qui l’avait fait se tordre de douleur sur le fauteuil, mais il n’avait pas eu une plainte et, après un dernier crachat, il avait fait un nouveau geste pour signifier au dentiste de  continuer.

A la fin de la boucherie, totalement édenté et le visage enflé jusqu’aux oreilles, l’homme de Manta arborait une expression de triomphe exaspérante en partageant les gains avec le dentiste.

  • Oui, dit le docteur Loachamin en lampant un grand coup, c’était le bon temps.
  • L’eau-de-vie de canne lui brûla le gosier et il rendit la bouteille avec une grimace.
  • Ne faites pas cette tête, docteur. Ce machin-là tue les vers des intestins, dit Antonio José Bolivar. Mais il ne put continuer.

Deux pirogues approchaient et, de l’une, dépassait la tête inerte d’un homme blond. »